Eau-forte

Cette technique de gravure a été inventée à la Renaissance et a été utilisée par les plus grands artistes. Le plus connu est évidemment Rembrandt dont le talent d'aquafortiste égalait celui du peintre. Charles Jacque, graveur célèbre et ami de Léo Drouyn, a décrit dans le Magasin pittoresque, le travail de l’aquafortiste. 

La première opération à laquelle se livre l'artiste est de recouvrir une plaque de métal - d'ordinaire du cuivre, mais ce peut être de l'acier - d'un vernis très fin de matières résineuses qui sèche rapidement et qui protègera plus tard le métal de l'attaque de l'acide. Ceci fait, le graveur dessine sur la plaque le motif qu'il désire représenter, tel qu’il le ferait sur une feuille avec une plume ou un crayon, à ceci près qu'il doit dessiner à l'envers pour que la planche imprimée soit à l'endroit et qu'au lieu d'une plume, il utilise une pointe très fine. Chaque action de la pointe raye le vernis et découvre le métal. Les plaques étant d'ordinaire petites et les détails nombreux, le graveur se sert souvent d'une loupe pour distinguer les traces de ses rayures. Une technique utilisée pour mieux les repérer était de passer au noir de fumée le côté verni de la plaque, chaque rayure apparaissant alors en blanc de manière bien visible. Comme on le voit dans la gravure du Magasin Pittoresque, le graveur, lors de cette opération, s'installe sous une fenêtre au verre dépoli afin de bénéficier de la lumière et éviter des reflets gênants. D'autres outils que la pointe peuvent être utilisés, comme la roulette, pour donner certains effets différents du trait.

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Gravure sur bois

La gravure sur bois est un procédé en taille d’épargne (en relief) qui permet l’intégration de motifs autres que les caractères typographiques dans les formes d’imprimerie.
L’ébauche du motif est préalablement reportée par le dessinateur lui-même, sur la tranche de bois spécialement préparée (en veillant à inverser les contours, à indiquer les ombres et les effets à obtenir). Puis, les images à imprimer sont taillées, le plus fidèlement possible, dans du « bois de bout » (où les fibres du bois sont sectionnées perpendiculairement au fil, par opposition au « bois de fil », abandonné à fin du 18ème siècle, où le bois est sectionné en respectant le sens des fibres) ; le buis est l’essence la plus utilisée pour fabriquer les bois.

Leo Drouyn signe, en tant que dessinateur (Leo Drouyn del.), des gravures sur bois. Dès 1842, son nom est associé à de petites gravures à vocation touristique, publiées dans  Paris et ses environs, et dont les bois sont gravés par Barbant, Bernard, Piaud...
A partir de 1844 commence sa collaboration au Magasin Pittoresque d’Edouard Charton. Il fournit pendant plusieurs années des dessins dont seront tirés des bois gravés par Montigneul (la première, une vue de Bordeaux d’après une toile de Jean-Paul Alaux, puis la façade de l’église de Loupiac), Pagny, Best (vue de Périgueux), Soupey, Pontenier, Piaud, etc. A souligner que les imprimeurs du Magasin Pittoresque avaient développé des procédés de stéréotypage permettant de préserver les bois originaux (fragiles et rapidement usés) et d’en multiplier les clichés pour parvenir à imprimer correctement, très rapidement, de très grandes quantités de pages. Ainsi, un cliché « galvano », sur plomb recouvert de cuivre, issu d’un bois dessiné par Drouyn en 1862 pour le Magasin Pittoresque figure dans l’inventaire du fonds Berraud-Sudreau déposé aux Archives départementales de la Gironde.

Leo Drouyn apporte ses dessins, gravés sur bois en 1846, à l’Essai de Complément de la statistique de la Gironde de Léonce de Lamothe et commence à dessiner sur les bois qu’on lui fournit pour illustrer les comptes-rendus de la Commission des Monuments historiques 1848 marque le début de ses contributions au Bulletin monumental ; un peu plus tard, ce sera aussi les Actes de l’Académie de Bordeaux. La Revue de l’Art Chrétien lui demande également des bois pour illustrer ses articles. C’est alors le principal mode d’illustration d’un texte.
Dans ses propres ouvrages, Leo Drouyn utilise aussi la gravure sur bois pour représenter les détails d’architecture ou de sculpture : ainsi, en 1851, dans l’Album de la Grande Sauve, pour figurer des détails, quand les vues générales sont portées par de magnifiques planches gravées à l’eau-forte ; ou bien dans La Guienne militaire, pour présenter, dans le texte, plans, coupes et détails d’architecture. Mais, en 1863, il abandonne cette technique pour une nouvelle manière, plus respectueuse selon lui du travail de l’artiste, la gravure sur zinc En 1866, il revient cependant au bois pour les 44 lettrines du Livre des Bouillons dont il réalise les empreintes et dont les bois taillés sont précieusement conservés aux archives municipales de la Ville de Bordeaux.

On reconnaît un bon graveur à sa minutie, à la finesse des tailles obtenues au moyen d’échoppes, onglettes et autres outils tranchants, à la fidélité du résultat par rapport au modèle souhaité par l’artiste dessinateur dont il est l’intermédiaire manuel auprès de l’imprimeur.
Mais les résultats sont parfois décevants, éloignés du travail du dessinateur, ce qui amènera Drouyn à se détourner de cette technique au profit d’une manière plus fiable.
La gravure sur bois sera peu à peu abandonnée au profit de procédés nouvellement mis au point et applicables à l’imprimerie typographique, procédés chimiques plus économiques qui, utilisant directement les dessins de l’artiste, permettent de se dispenser de l’intervention d’un graveur extérieur, donc de supprimer un intermédiaire. Le métier de graveur sur bois a aujourd’hui totalement disparu ; et avec lui une somme de belles et précieuses compétences.

Anne- Marie Migayron

Lithographie

La lithographie a été inventée en 1796 par Senefelder, imprimeur de musique, et mise à la disposition des artistes par Engelmann. Son originalité tient à ce qu’aucun creux ni relief ne constitue l’image ; la lithographie n’est pas de la gravure, c’est du dessin.

La surface de la pierre (carbonate de chaux homogène) reçoit le dessin de l’artiste. Ce dessin est exécuté soit au crayon, soit à l’encre (lavis), crayon et encre étant composés de savon, de graisse animale et de cire (matériaux basiques). Le noir de fumée est uniquement destiné à permettre à l’artiste de voir ce qu’il dessine. Certains artistes peinent à concevoir leur dessin à l’envers. Ils ont dans ce cas la possibilité de dessiner au crayon ou au lavis sur une feuille de papier appelée papier autographique qui permet le transfert de la matière même de leur dessin sur la pierre lithographique.

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Morsure sur zinc

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