La Guienne militaire (1865)

Depuis 1847, Léo Drouyn recopie soigneusement dans des cahiers toutes les notes qu’il prend en visitant les monuments. Il en dessine des vues générales et des détails dans ses albums. Remarquable paléographe, il transcrit les archives publiques, mais aussi celles des châteaux qu’il visite ou qui l’hébergent : il se constitue ainsi, à côté d’une véritable banque d’images, de précieuses bases de données archivistiques, bibliographiques et archéologiques. Le degré d’avancement de ces outils lui permet de se lancer dans un grand projet longuement mûri : une « statistique » monumentale (on dirait aujourd’hui un « inventaire ») des monuments civils médiévaux girondins.

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Choix des types les plus remarquables de l’architecture au Moyen Âge dans le département de la Gironde (1845-1846)

Après ses ateliers parisiens, Léo Drouyn travaille pour la Commission départementale des Monuments historiques. Il accumule alors les vues de monuments médiévaux et fait le projet en 1845, à partir de ces travaux, d’une publication offrant un « choix » des plus intéressants monuments religieux girondins. Il obtient que l’ouvrage soit patronné par la Commission qui, lui écrit-elle, « applaudira d’autant plus volontiers à [|’] entreprise que, [lui] ayant inspiré, comme [il] le [dit], le goût de l’histoire, elle ne peut qu’éprouver une vive satisfaction, en trouvant dans ces études si remarquables une preuve incontestable de l’influence qu’elle exerce et des succès réservés à sa mission. » La souscription est lancée et Drouyn modifie le projet initial en rajoutant des édifices militaires à son Choix des types et en biffant le mot « religieux » du titre initialement prévu.

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Bordeaux vers 1450

La rédaction de cet ouvrage, publié en 1874, sous les auspices de la Commission de publication des Archives municipales occupa Leo Drouyn trois ans. Ce qui était au départ une commande - établir un plan de la ville et une nomenclature topographique - se transforma en un véritable atlas urbain. Après un aperçu général topographique et historique - cité primitive, gallo-romaine, médiévale, avec ses agrandissements successifs et ses diverses enceintes - l'auteur décrit d'abord ce qui enclôt la ville (murs, tours, portes), puis les grandes structurations de l'intérieur, quartiers, paroisses, sauvetés, jurades. Puis "zoomant" au plus près, il étudie le port, les ruisseaux, les rues et chemins, les places et les carrefours. Puis vient le bâti et les vides : églises et chapelles, couvents, hôpitaux, cimetières, croix, ponts, moulins, fontaines, charniers et bourriers ; puis viennent les monuments historiques (Palais -Gallien et Piliers de Tutelle), les lieux de pouvoir religieux et civils, les établissements publics et privés ; puis, zoomant encore et s'appuyant sur les actes notariés, il descend jusqu'au bâti civil, rue par rue, avec les "oustaus", les chais et pressoirs, les jardins...

Description d'une précision incroyable qui s'appuie sur un grand plan gravé reprenant la terminologie gasconne de l'époque et qui fait encore référence aujourd'hui, accompagnée d'une vue à vol d'oiseau, belle et célèbre eau-forte qui apporte la part de rêve hugolien à cette véritable résurrection du Bordeaux médiéval - toujours livre de chevet des archéologues bordelais. 

Bernard Larrieu