Enfance et apprentissage

Léo Drouyn est né à Izon en 1816. Son père, François-Joseph Drouyn, appartenait à une famille de petite et nouvelle noblesse parlementaire lorraine, meurtrie par la Révolution.
Orphelin très jeune de ce père qui ne lui laissa pas beaucoup de fortune, Léo Drouyn, aîné de trois enfants, fut admis en 1826 en demi-pension au collège royal de Nancy, comme élève du gouvernement, grâce à l’entregent de son grand-oncle et parrain, François-Joseph Colin, proche de la cour. Il lui dut son éducation, une part de sa fortune et lui en garda toujours la plus vive reconnaissance.

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Dessinateur pour la Commission des Monuments historiques

Depuis Pierre Lacour fils et Gustave de Galard, les monuments historiques sont, dès les années 1810 (date de la circulaire Montalivet), un des sujets de prédilection de l’école paysagiste girondine. La lithographie régionale et les artistes qui utilisent cette technique n’ont cessé de représenter, par goût du pittoresque ou intérêt historique, les vieux monuments du département. Comme le dit Jouannet dans le Musée d’Aquitaine en 1813, désormais, les souvenirs historiques sont l’âme des paysages.
Aussi, lorsqu’en 1842, un jeune publiciste agenais, Alexandre Ducourneau, se lance dans l’ambitieuse publication d’une Guienne historique et monumentale illustrée de près de trois cents lithographies de monuments, le jeune Léo Drouyn, tout juste revenu de Paris, sera partie prenante, avec une douzaine de lithographies à la plume, de cette aventure éditoriale.

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Un artiste-archéologue reconnu

Les années cinquante furent pour Léo Drouyn, à l’image du pays, des années de rupture et de réorientation. Rupture avec la Commission des Monuments historiques de la Gironde : il y a chez l’archéologue le refus catégorique de toutes les restaurations « néo-romanes » ou « néo-gothiques » que subissent un très grand nombre de monuments religieux du département de la Gironde à partir du Second Empire : « Lorsqu’on copie un vieux manuscrit, on laisse en blanc les mots qu’on ne peut pas lire, et jamais on ne surcharge les places vides. » Dans cet affrontement idéologique et artistique qui secoue les années 1850-1870, Léo Drouyn a choisi son camp, celui des « archéologues conservateurs » contre celui des « architectes restaurateurs ». L'œuvre de Léo Drouyn ne peut se comprendre si l'on fait abstraction de cette dimension éthique et militante.

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Les dernières œuvres

L’inventaire des dessins et des gravures de Léo Drouyn montre un tassement important de son activité d’archéologue et de graveur à partir des années 1870. Sans doute a-t-il réalisé l’essentiel de ses recherches, et la richesse de ses archives personnelles lui permet-elle d’éviter de nouveaux déplacements que l’âge et la fatigue peuvent rendre plus difficiles. Selon son propre témoignage, il souffre également d’un problème de vue, évoqué en 1874 dans sa correspondance avec le conservateur du musée de Périgueux : « Je deviens tellement presbyte, lui dit-il, que je ne peux plus graver, ou plutôt que je ne grave plus qu’avec grand renfort de besicles et de loupes, aussi depuis deux ans j’ai mis la pointe au croc et l’eau-forte en bouteille. » Si cette infirmité n’est pas réellement handicapante pour l’artiste, elle constitue un obstacle presque insurmontable pour le graveur.

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Les trois facettes de Léo Drouyn

L’historien

Léo Drouyn est à la fois un artiste et un historien, véritable père fondateur de l’archéologie du bâti médiéval en Aquitaine. Féru d’art et d’architecture du Moyen Âge, période que le romantisme a remis à l’honneur au XIXe siècle, Léo Drouyn nous a laissé des milliers de croquis et dessins de monuments accompagnés de Notes historiques et archéologiques qui font encore référence aujourd’hui. Il a en outre publié de nombreux ouvrages historiques illustrés de ses propres gravures dans lesquels les historiens actuels sont amenés à puiser sans cesse.

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