Bordeaux vers 1450

La rédaction de cet ouvrage, publié en 1874, sous les auspices de la Commission de publication des Archives municipales occupa Leo Drouyn trois ans. Ce qui était au départ une commande - établir un plan de la ville et une nomenclature topographique - se transforma en un véritable atlas urbain. Après un aperçu général topographique et historique - cité primitive, gallo-romaine, médiévale, avec ses agrandissements successifs et ses diverses enceintes - l'auteur décrit d'abord ce qui enclôt la ville (murs, tours, portes), puis les grandes structurations de l'intérieur, quartiers, paroisses, sauvetés, jurades. Puis "zoomant" au plus près, il étudie le port, les ruisseaux, les rues et chemins, les places et les carrefours. Puis vient le bâti et les vides : églises et chapelles, couvents, hôpitaux, cimetières, croix, ponts, moulins, fontaines, charniers et bourriers ; puis viennent les monuments historiques (Palais -Gallien et Piliers de Tutelle), les lieux de pouvoir religieux et civils, les établissements publics et privés ; puis, zoomant encore et s'appuyant sur les actes notariés, il descend jusqu'au bâti civil, rue par rue, avec les "oustaus", les chais et pressoirs, les jardins...

Description d'une précision incroyable qui s'appuie sur un grand plan gravé reprenant la terminologie gasconne de l'époque et qui fait encore référence aujourd'hui, accompagnée d'une vue à vol d'oiseau, belle et célèbre eau-forte qui apporte la part de rêve hugolien à cette véritable résurrection du Bordeaux médiéval - toujours livre de chevet des archéologues bordelais. 

Bernard Larrieu