Choix des types les plus remarquables de l’architecture au Moyen Âge dans le département de la Gironde (1845-1846)

 Après ses ateliers parisiens, Léo Drouyn travaille pour la Commission départementale des Monuments historiques. Il accumule alors les vues de monuments médiévaux et fait le projet en 1845, à partir de ces travaux, d’une publication offrant un « choix » des plus intéressants monuments religieux girondins. Il obtient que l’ouvrage soit patronné par la Commission qui, lui écrit-elle, « applaudira d’autant plus volontiers à [|’] entreprise que, [lui] ayant inspiré, comme [il] le [dit], le goût de l’histoire, elle ne peut qu’éprouver une vive satisfaction, en trouvant dans ces études si remarquables une preuve incontestable de l’influence qu’elle exerce et des succès réservés à sa mission. » La souscription est lancée et Drouyn modifie le projet initial en rajoutant des édifices militaires à son Choix des types et en biffant le mot « religieux » du titre initialement prévu.

L’ouvrage s’inspire beaucoup, dans sa conception comme dans la gravure, des ouvrages anglais d’archéologie monumentale, plus particulièrement de ceux de l’aquafortiste John Sell Cotman (1782-1842). La publication dure près d’un an et reçoit les plus grands éloges, particulièrement pour ses eaux-fortes. Un critique de l’époque explique pourquoi l’ouvrage tranche dans le paysage éditorial et quelle est sa qualité : « La plupart des publications de la science monumentale […] pèchent presque toutes par ce point capital : la fidélité dans les travaux iconographiques dont ils sont accompagnés. La raison en est simple : c’est que les monuments sont presque toujours décrits par des archéologues qui ne sont pas artistes, dessinés par des artistes qui ne sont pas archéologues, et gravés par des hommes qui ne sont pas dessinateurs du genre ni archéologues. De là, les confusions les plus singulières dans les dessins, même les plus séduisants au regard […] Ce qui est un singulier bonheur pour l’ouvrage de M. Léo Drouyn, c’est que chaque planche est faite par le même homme qui l’a comprise en archéologue, dessinée en artiste et en habile artiste, et gravée en artiste archéologue : depuis dix ans que la science archéologique a pris son essor et produit une foule d’ouvrages remarquables, celui-ci est une des belles exceptions dans lesquelles se trouvent réunies toutes les conditions de la véritable planche archéologique. »

Bernard Larrieu