Comptes-rendus de la Commission des Monuments historiques

 Après ses ateliers parisiens, Léo Drouyn se rapproche dès le mois de février 1842 de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, créée en 1839 pour la recherche et la conservation des monuments girondins. Dès cette année-là, il en reçoit des commandes, la commission désirant ajouter, à ceux de ses architectes, des dessins « pittoresques » qui puissent donner à voir à ses membres les monuments à protéger, en un temps où la photographie n’est pas encore opératoire pour ce genre de travail.

 Officiellement agrégé dessinateur de la Commission le 9 janvier 1845, Léo Drouyn va fournir jusqu’en 1849 une soixantaine de dessins au crayon, à l’encre et au lavis à l’Album de la Commission et presque autant de gravures sur bois pour les Comptes-rendus de la Commission.

 Membre depuis 1846 de la Société Française d’Archéologie, adhérant à une conception restrictive de la conservation des monuments, il devient de plus en plus critique à partir de 1848 envers la politique de restauration des architectes de la Commission qui modifient parfois brutalement les monuments romans, les affublant souvent de clochers néo-gothiques selon les vœux du cardinal Donnet. A la fin de l’année 1849, Léo Drouyn interrompt brutalement sa collaboration avec la Commission et n’a pas de mots assez durs pendant une dizaine d’années pour stigmatiser sa politique de « restauration », dernier avatar, selon lui, du vandalisme patrimonial.

Les options ayant évolué, Léo Drouyn réintègre la Commission au mois de novembre 1862, non plus comme dessinateur mais comme membre permanent. A ce titre, il tente de s’opposer à la restauration de la façade de l‘église Sainte-Croix par Paul Abadie, ou à la destruction du cloître de la cathédrale, mais en vain.

Secrétaire de la section des Monuments historiques et des documents anciens de la Commission après une énième réforme de celle-ci, il se retire de cette structure au début de la IIIe République.

Bernard Larrieu

 

Rabanis, Fr-J et L. de Lamothe (1846) : Rapport au préfet du département de la Gironde, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde.

Drouyn, L. et Fr-J Rabanis (1847) : Ermitage de Saint-Aubin à Saint-Germain-la-Rivière , Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, VIIIe année, p. 7-8.

Drouyn, L. (1847) : Eglise d'Illats, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, VIIIe année, p. 12-13.

Drouyn, L. (1847) : Eglise de Lignan, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, VIIIe année, p. 14-15.

Drouyn, L. (1847) : Eglise de Saint-Sulpice à Saint-Sulpice-et-Cameyrac, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, VIIIe année, p. 15.

Drouyn, L. (1847) : Eglise de Saillans, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, VIIIe année, p. 16.

Lapouyade, J. et L. Drouyn (1847) : Eglise de Saint-Martin-de-Sescas, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, 10-11.

Rabanis, Fr-J. et J. Lapouyade (1847) : Eglise de Targon, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, VIIIe année, p. 13.

Drouyn, L. (1848) : Eglise de Nérigean, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, IXe année, p. 14-15.

Drouyn, L. (1865) : Rapport sur le projet de restauration de la façade de l'église de Sainte-Croix de Bordeaux, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, XVIIe année, p. 61-69.

Drouyn, L. (1865) : Rapport sur les peintures murales de l'église de Birac, arrondissement de Bazas, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, XVIIe année, p. 48-52.

Drouyn, L. (1866) : Notes archéologiques, Comptes rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, XVIIIe année, p. 35-47.