Préhistoire et Antiquité

Ayant fait le choix du Moyen Âge, Léo Drouyn n’est pas « antiquaire » et s’il a gravé quelques vestiges gallo-romains, pour la Commission des Monuments historiques ou son  ami Arcisse de Caumont, il s’agit là de travaux de commande. Comme tous les historiens de son temps, à la suite de Jouannet, il s’est aussi intéressé à ces vestiges encore plus anciens que l’on attribuait aux « Gaulois » ou aux « Celtes ». Léo Drouyn a le bon goût de se montrer plus prudent que ses contemporains, n’hésitant pas à indiquer, à leur propos, ses doutes ou ses interrogations. L’inventaire descriptif qu’il a fait d’allées couvertes de dolmens ou de menhirs, se gardant souvent de toute interprétation, est un premier inventaire qu’enrichiront François Daleau, l’abbé Labrie et les chercheurs contemporains. Par contre, après une brève époque de collation d’outils en pierre taillée, dont témoignent ses Notes archéologiques, il se désintéresse de la période antediluvienne et des découvertes préhistoriques pour des raisons religieuses et idéologiques, ne voulant pas cautionner des découvertes mettant à mal la chronologie biblique.

Bernard Larrieu